Les origines de Rosheim
Le nombre important de sources, aujourd'hui taries, un sol fertile et des zones boisées ont constitué autant de facteurs propices à l'installation de l'homme sur le site de Rosheim. Une statuette en terre cuite ainsi que de nombreux objets d'usage courant en os, corne ou poterie témoignent de l'occupation du site au Néolithique (5500 à 2500 av JC) et au Chalcolithique. Des vestiges de l'âge du Bronze (1800 à 725 av JC), de l'âge du Fer (725 à 50 av JC) et de l'époque Gallo-Romaine ont été mis au jour. Enfin, des vestiges mérovingiens permettent d'attester l'occupation du site à cette époque.
En 778
La cité est mentionnée pour la première fois sous le nom de Rodasheim, à l'occasion d'une vente de bien (ce qui laisse penser que le site était alors habité depuis un certain temps). Ensuite le manque de documents nous oblige à attendre plusieurs siècles avant de pouvoir retracer l'histoire de l'agglomération.
XIème siècle
A cette époque, Rosheim comprend deux paroisses. La ville est divisée entre des établissements religieux, l'évêque et les familles nobles dont plusieurs ont alors mis en place de véritables centres économiques et administratifs. Le plus important de ces seigneurs est le couvent de Hohenbourg (Mont Sainte Odile).
Moyen-Âge
En 1132, la ville est détruite par un incendie. La ville basse et la ville haute sont reconstruites. Un apport financier a vraisemblablement été accordé par les Hohenstaufen qui, en tant que protecteurs du couvent du Mt Ste Odile, favorisent l'essor et l'indépendance de plusieurs communautés villageoises, dont Obernai et Rosheim où l'emprise du couvent était importante. Cette politique permettra aux Hohenstaufen de mieux s'implanter en Alsace. Les droits des Hohenstaufen à Rosheim excèdent néanmoins la jalousie de leurs ennemis qui incendient la ville en 1197.
La première moitié du XIIIème siècle
La première moitié du XIIIème siècle voit les Hohenstaufen s'assurer de la suzeraineté sur Rosheim. Frédéric II parvient à négocier avec l'évêque de Strasbourg la cession en fief de la seigneurie sur tous les hommes qui dépendaient de lui. S'en suivent des conflits avec l'abbesse de Hohenbourg qui, peu à peu, perd du terrain face au parti secondé par l'empereur.
Rosheim accède au statut de ville en 1267 au plus tard. Elle acquiert ainsi une autonomie dont témoigne le sceau utilisé pour authentifier les actes émis. Elle obtient aussi le droit d'ériger un rempart de pierre.
Rosheim est citée en 1303 comme étant une ville d'Empire et, en 1354, elle forme avec neuf autres villes une alliance d'entraide : la Décapole. En 1366, l'empereur donne à Rosheim le droit de se doter de statuts et de percevoir des amendes destinées en partie à l'édification de l'enceinte. Rosheim peut développer les infrastructures qui lui permettent de s'enrichir.
A la fin de la guerre
A la fin de la Guerre de Cent Ans, les Armagnacs occupent la ville (1444). Les Rustauds de la révolte paysanne sont conduits, entre autres par un ancien Schultheiss de la ville qui, en 1525, a échoué de peu dans sa tentative de s'emparer de la ville. Le XVIème siècle est une période relativement prospère. La Guerre de Trente Ans voit la ville prise par le comte de Mansfeld dirigeant les rescapés de l'armée protestante en 1622 puis par les Suédois en 1632. En 1679, la signature du traité de Nimègue met fin à l'indépendance de Rosheim qui passe à la France en même temps que les autres villes de la Décapole. En 1693, on compte environ 1393 habitants.
Aux XVIIIème et XIXème siècles
Rosheim va adopter un nouveau visage, moins moyenâgeux, et se reconstruire en partie : nouveau presbytère, maison du prêteur royal, greffe du tribunal, hôtel de ville, église St. Etienne, tuilerie et four à chaux, scierie, boucheries publiques. En 1790 Rosheim compte 3154 habitants.
On pénètre dans l'agglomération par trois "tour-portes", armées et fermées tous les soirs. Jusqu'au début du XIXème siècle, il reste encore une surface à bâtir importante intra-muros et on recense quelques 3366 habitants en 1802. A cette époque, Rosheim est une petite ville au caractère rural. On retrouve essentiellement des exploitations céréalières et viticoles, les métiers du bois sont en rapport avec l'étendue du domaine forestier de la ville.
L'occupation autrichienne suit la Restauration et 200 hommes sont à la charge de la ville jusqu'en novembre 1818.
En 1836, la population est de 3795 habitants. Les temps modernes voient Rosheim évoluer grâce à une politique de "grands travaux" (encaissement en pierre de taille du Rosenmeer).
En 1864, les liaisons ferroviaires sont développées et Rosheim est également desservie. A la veille de la guerre de 1870, Rosheim compte un peu moins de 4000 âmes. Les combats épargnent cependant la ville qui est annexée et un maire intérimaire est installé en mars 1871.
Le Reichsland
Il voit l'avancée du progrès technique et des avantages sociaux : eau courante, gaz d'éclairage, électricité, mise en place d'assurances sociales. En 1880, débute la construction d'une nouvelle synagogue pour la communauté juive qui est bien implantée. A la fin du siècle, période d'exode rural, la ville a perdu le cinquième de sa population en trente ans, elle compte alors 3128 habitants.
Après la première guerre mondiale, Rosheim compte en 1921, 2666 habitants. L'entre-deux-guerres voit l'accroissement du caractère urbaine de la ville, l'activité économique se diversifie : textile, métallurgie, fromagerie, scierie, sablières. Le négoce du vin prends également de l'ampleur. La population, quant à elle, croît et on compte en 1936 quelques 2744 Rosheimois.
La Seconde Guerre Mondiale voit plus de 60 Rosheimois tomber au combat. La plupart sont des "malgré-nous". Après-guerre, les maires Antoine Schaffner, Paul Grau, Jules Keller et Georges Baruch lancent une dynamique de progrès matériel et social, sportif et culturel qui se poursuit toujours. La population croît régulièrement à partir du début des années 1960. En 1999, on compte 4551 Rosheimois.